Après la Star Academy, l'UMP, la Ligue des Champions et Herbert Duchignon, professeur d'Art Plastiques au collège Patrick Bruel de Melun, c'est au tour de "Walk on The Blog" de faire sa rentrée. Ceux qui connaissent ce blog depuis un petit bout de temps se réjouissent déjà, défilent sur les Champs-Elysées, manifestent en criant, chantant, dansant, buvant, Patrick Devedjian. Les autres se questionnent, s'interrogent, mais qu'est ce que cela peut bien être? Et bien c'est simple, il s'agit d'une sorte de Star Academy littéraire dont vous pourrez trouver les 6 premiers épisodes par là, par ici aussi, ceci n'est pas un lien, kikoo lol, je suis là, puis je suis là aussi. Il vous suffira après lecture de voter pour éliminer un des personnages restants. Vous aurez droit à deux votes chacun. En plus de ça, vous devez tenter de reconstituer le nom du coupable grâce à l'énigme qui vous permet de découvrir une lettre à chaque épisode. Pour corser le tout, des contraintes d'écriture viennent s'ajouter. Je me suis ainsi rendu compte il y a peu que je devais écrire à l'aide de mon clavier l'épisode VII "à l'anglaise". Un homme Azerty en valant deux (ndlr. un femme azerty=mc2 Soolar), je me suis attelé à ma tâche.

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Episode VII: Let in be in a yellow submarine

Arantius Dyo¨s admirait le charme de la lande anglaise par la fenêtre du Canterbury-Norwich de six heures vingt-deux. Une légère brume recouvrait le terrain chaotique et désertique, sur lequel jonchaient, telle une armée de morses assoupis, d'énormes pierres nues, aux formes étonnamment paisibles. Alors que le soleil arrivait, l'humidité semblait nimber le wagon d'un halo serein, mais comme un attente de quelque chose, d'un évènement. "Autour de l'univers, tout le monde a quelque chose à cacher" pensa le vieil homme, tirant une longue bouffée sur sa pipe. Il sourit poliment à la jeune femme se trouvant dans son compartiment. Elle lisait avec une minutieuse attention le Times de la veille en se pinçant la lèvre inférieure, relevant de temps en temps la tête pour observer le calme spectacle offert par les blocs de granit couchés sur une végétation humide et noueuse. Dyo¨s jeta un coup d'oeil à sa montre, il était sept heures douze, l'arrivée était prévue dans vingt minutes à la gare de Norwich.

Arrivées ensembles, Karl Friedrich Norbert Freud et Hamlet@microsoft.net attendaient depuis quelques minutes déjà l'arrivée du train. Ce week-end de repos, alors que le procès gagnait en intensité depuis quelques jours, leur avait fait le plus grand bien. Tous deux savaient que les huit jours de cette semaine allaient être de la plus grand importance. A dire vrai, le silence enivrant de la gare de Norwich était le bienvenu. Une pluie légère tombait en fines gouttes sur les vieilles pierres du quai, ce qui obligeait les deux hommes à patienter sous le hall de la gare*. Freud proposa une cigarette à son acolyte, qui accepta avec plaisir, alors qu'une guitare pleurait doucement dans le hall. Il regarda sa montre, le train n'allait pas tarder à entrer en gare et Pierre Papier-Ciseau n'arrivait toujours pas. Le chef de gare ne pouvait s'empêcher de surveiller d'un oeil, le gauche, les deux hommes fumant silencieusement, tel un fou sur un pont, de si bonne heure sur son quai. Sans qu'il put expliquer cet étrange ressentiment, un frisson le parcourut. Leur attitude voûtée, leurs regards vides trahissaient un mal-être certain.

Comme chaque jour dans la vie, le train en provenance de Canterbury arriva à l'heure prévue, dans un insoutenable fracas. Les roues crissaient violemment sur les rails rouillés de la vieille gare. Le quai retrouva finalement son silence habituel une fois que le train fût complètement arrêté. Seule la locomotive éreintée laissait encore échapper quelques râles souffreteux. Freud et Hamlet@ virent sortir trois personnes des différents wagons. L'un d'eux était un homme d'affaire plutôt corpulent, comme on peut en voir souvent dans n'importe quelle gare du pays. Ils le saluèrent d'un bonjour au revoir de politesse. Il y avait aussi un jeune homme lymphatique, très pâles, aux grandes mains fines, qui abrita ses cheveux noirs sous un vieux journal pour se rendre tranquillement sous le hall. Le dernier voyageur était une charmante jeune femme qui portait une robe ornée de fleurs aux couleurs chatoyantes, contrastant avec l'obscurité permanente** qui enveloppait cette partie de l'Angleterre. Jude, Lucy, Julia, Anna, Michelle... Hamlet@ se demandait quel pouvait bien être son nom.

Pendant ce temps, Dyo¨s n'apparaissait pas. Sans doute s'était-il endormi, bercé par le ronron du wagon roulant à faible allure, ce qui arrive facilement lorsqu'on a soixante-quatre ans. Après cinq minutes d'attente, ils se rendirent sur le quai, malgré la pluie, afin de demander au contrôleur s'il restait des voyageurs dans le train. Celui-ci assura aux deux hommes que plus personne ne se trouvait à bord à part peut-être Madame Tatcher. Or les deux hommes n'avaient reçu aucun télégramme de la part de leur ami, ce qui signifiait qu'Arantius Dyo¨s était bien monté à six heures vingt-deux à bord du Canterbury-Norwich.  La logique voulut donc qu'il eut disparu entre les deux gares.

Les deux hommes gardaient un calme infaillible malgré les évènements. Ils décidèrent d'interroger les trois voyageurs qui étaient descendus du train quelques minutes auparavant. Le gros homme d'affaire avait déjà quitté la gare à bord d'un fiacre qui s'était engouffré dans Strawberry Fields Street pour tourner après l'Octopus Garden. Le jeune pianiste ne leur fut d'aucune aide, seule son attitude pouvait passer pour suspecte. Il ne cessait de faire glisser ses doigts noueux les uns contre les autres le long de sa redingote en cuir, faisant craquer ses os de façon désagréable. Ils se mirent à la recherche de la jeune femme, qui avait quitté la gare à pied en prenant Penny Lane Street, vide à une heure si matinale. Ils la rattrapèrent sans difficulté et l'abordèrent en essayant de ne pas l'effrayer. L'effet de surprise la fit malgré tout sursauter. Ses joues s'empourprèrent légèrement, sans qu'ils ne parviennent à détecter s'il s'agissait de colère ou de cette timidité provinciale qui voit les femmes anglaises s'effaroucher ingénument lorsqu'on les aborde dans la rue. Les deux amis se présentèrent afin de calmer l'appréhension de leur jeune interlocutrice puis lui parlèrent de leur ami disparu à bord du Canterbury-Norwich. Elle leur apprit qu'elle se trouvait dans son compartiment avec un vieil homme dont la description correspondait trait pour trait au portrait qu'ils lui avaient fait d'Arantius Dyo¨s. Il avait passé la majeure partie du voyage assis en face d'elle à observer le paysage, puis s'était levé environ dix minutes avant l'arrivée du train. Depuis, elle n'avait rien vu ni entendu de suspect. Elle s'étonnait qu'il ne fut pas simplement descendu à la gare de Norwich.

Soudain un grand bruit se fit entendre à l'embanchement de Long And Winding Road. Un fiacre arrivait à vive allure, dans un improbable vacarme. Le cocher tira violemment sur les rênes afin de freiner juste devant les deux comparses et la jeune femme. Pierre Papier-Ciseau en descendit avec une petite aide de ses amis, l'air hagard*** et visiblement extenué. Il ne prit pas le temps de reprendre son souflle et apprit à Freud et Hamlet@, une frayeur incommensurable dans la voix, que le corps d'Arantius Dyo¨s avait été retrouvé sans vie à un kilomètre de la gare, en direction de Canterbury, à quelque mètres à peine des rails. On avait retrouvé dans le revers de son manteau un morceau de papier jauni et froissé sur lequel on pouvait lire " 573_6 21 4__ exilé sur le sol au milieu des huées...de géants, elles l'empêchent de marcher (ceci est un indice facile, la lettre trouvée se place en en position "7") P.s. Je t'aime"

Pierre Papier-Ciseau frotta ses vieilles chassures marrons contre le trottoir pour ôter des traces de boues. La jeune femme avait profité de l'agitation pour s'éclipser; elle était à présent hors de vue, dans le ciel avec des diamants, pensa Freud. 

* "Nous rencontrons actuellement quelques difficultés. Notre agent fait tout ce qui est en son pouvoir pour résoudre le problème. Merci de patienter quelques instants en ce magnifique jeudi après-midi" est un ouvrage d'Ernst-Emilien Sedorovinsky qui traite grosso modo du même sujet, mais pas trop non plus.

** "Jean-Eudes, veuillez rallumer la lumière. Désolé ma mie, mais l'électricien n'est pas libre avant jeudi" d'Ernst-Emilien Sedorovinsky est un livre plutôt bon, mais pas trop non plus.

*** "L'hagard, mon Parnasse, le jeudi", un excellent livre d'Ernst-Emilien Sedorovinsky que nous nous devions de citer pour éclairer ce récit, mais pas trop non plus.

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Pour éliminer:

Pierre Papier-Ciseau tapez "Doc Gynéco"

Karl-Friedrich Norbert Freud tapez "transfert psychosomatique à tendance schizophrénique"

Ernst-Emilien Sedorovinsky tapez "parasympathomimétique"

Hamlet@microsoft.net tapez "Annie Cordy"