28 juin 2007
Nains, je n'ai pas changé
M@ud (que nous ne remercierons jamais assez) m'a gentiment refilé un questionnaire (youpi). Attendu que je connais les risques liés à la non mise en application d'un questionnaire (maladies, décès, échec en amour, défaites au ping-pong...), je m'empresse d'y répondre avec sobriété, bon goût et sauce béarnaise en y ajoutant une touche badibesque.
Le principe: je crois qu'il s'agit de donner 7 informations über-incrédibles sur moi, ou mon ficus. Je me permets de rajouter l'utilisation abusive et contre leur grès des 7 nains.
Prof: J'aime beaucoup jouer au nain savant des fois. Genre:
"- qui reveut du taboulet?
- vous savez ce que c'est un hapax?
- moi je reveux bien du taboulet..!
- C'est un mot inventé et utilisé une seul fois dans la littérature, généralement par un poète, et dont on ne connait pas le sens. Par exemple, ptyx est un hapax utilisé par Mallarmé...
- c'est tout pour le taboulet? bon ben je le range"
Timide: Dans la vraie vie, j'ai un peu peur des gens. Du coup j'ose pas trop faire des blagues.
Grincheux: J'aime pas les gens qui n'ont plus de rêves, les gens qui disent aux autres ce qu'ils doivent faire, les endives, les filles biens qui sortent avec des cons, l'administration, les grands cinémas, les faux écrivains à la mode, les gens qui se prennent au sérieux, les gens qui disent qu'il faut penser à son avenir, les amoureux qui s'ennuient...
Joyeux: J'adore les gens qui me font rire, le chocolat, les Beatles, les mots étranges, les gens loufoques, Kafka, Kundera, Zweig, Queneau, Perec, Vian, Hesse, Rimbaud, Prévert, Verlaine, les chansons ringardes, les émissions ringardes, Fabrice Luchini, Bobby Lapointe, les chats, l'auto-dérision, l'alcool...
Dormeur: J'aime pas du tout me lever tôt, d'ailleurs c'est pour ça que le nain à talonnettes et sa France qui se lève tôt, y m'emmerdent.
Atchoum: Quand il était petit mon frère éternuait beaucoup, ce qui lui valut (selon mes soins) le surnom d'atchoum. Il en a gardé une haine farouche à l'égard dudit nain, et il se drogue (ahaha non il se drogue pas)(enfin je pense pas)(attends je vais vérifier)
Simplet: Je suis contre la faim dans le monde.
04 juin 2007
Franprix Berry
Manuel de savoir-vivre pour les grandes personnes et les petites personnes à talonnettes:
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3. Intéresser le sexe opposé par une phrase accrocheuse (pour les femmes)
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Il faut attaquer l’homme directement sur son terrain. Quel bel exemple que celui du nain à talonnettes s’en allant gaiement piller les voix de Jean-Marie Le Pen en utilisant ses thèmes de campagne. Telle devra être votre stratégie, offensive et fourbe.
Inutile de vous mentir, pour impressionner de manière sûre et certaine l’homme en moins d’une seconde, il vous faut parler foot.
Une question vous taraude sans doute : faut-il bien jouer au foot pour parler foot ? Non. La preuve, Franck Leboeuf a été consultant sportif. Sur M6 certes, mais quand même.
Voici, mesdemoiselles, la phrase qui vous ouvrira les portes du bonheur :
"Domenech devrait faire glisser Ribéry dans l’axe et abandonner le 4-4-2 pour un 4-5-1 qui laissera plus d’espace à Henry" (je vous conseille de l’apprendre par cœur)(ou de la noter sur un petit bout de papier, mais cela peut être moins pratique)
Première possibilité , l’homme est d’accord et vous dit alors "c’est là première fois que je rencontre quelqu’un avec qui je partage autant de choses". Ce qui est faux, je vous l’avoue, car il partage l’idée du 4-5-1 avec Gérard, Paul et Gonzalo, mais passez outre et contentez vous de dire "moi aussi, c’est fou".
Cependant attention, il existe une deuxième possibilité. L’homme est intéressé, mais se méfie : vous pouvez encore passer pour une fille facile, du genre qui s’intéresse au football tous les 4 ans, lorsqu’elle apprend par le journal Métro que l’équipe de France vient de battre le Brésil, se barbouillant alors le visage en bleu blanc rouge et prête à s’égosiller sur les champs Elysées. Ne vous leurrez pas, les hommes penseront que vous êtes du genre à avoir les hormones en vrac tous les 4 ans en vous imaginant le nombre incroyable de mâles en rut qui courent peinturlurés dans les rues à des heures tardives.
C’est en disant par la suite "il est clair que Kakà est le meilleur joueur du moment, mais qu’il ne peut jouer un rôle d’avant-centre et doit rester numéro 9" (apprenez là aussi par cœur)(ou prenez un bout de papier plus grand) vous convaincrez définitivement les hommes du charme qui émane de vous. L’homme appréciera particulièrement le fait que vous soyez capable de dire plusieurs fois le nom de Kakà sans introduire aucune insinuation graveleuse aux matières fécales.
Conseil : ne vous lancez surtout pas dans le « et en plus de ça il est trop beau », la beauté n’a rien à faire dans le football. La preuve, Beckham n’y joue pas. Et cela irritera l’homme qui y verra une atteinte directe à son esthétisme. De même évitez à tout prix « et ce but d’Eusebio en 1966, superbe », l’homme moyen n’a que faire de l’histoire du football, il a déjà du mal à se rappeler de qui a gagné la Ligue des Champions l’année dernière, alors 1966, pensez donc.
Vous pouvez aussi rêver de tomber sur un homme raffiné, cultivé qui saura vous charmer de bien plus belle manière. Mais, malheureusement, je ne peux pas me trouver à toutes les soirées organisées dans ce pays.
10 mai 2007
Gigi l'Amoros ho
Manuel a l'usage des grandes personnes et des petites personnes à talonnettes:
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2. Savoir dire du mal des autres
Dire du mal des autres n’est pas anodin. Dire du mal des autres si c’est bien fait, c’est avant tout s’assurer que lorsque vous aurez le dos tourné les autres veilleront à dire du mal de vous dans les règles de l’art. C’est donc avant tout penser à soi que savoir dire du mal des autres.
Tout d’abord il faut signifier avec tact à vos auditeurs que vous comptez dire du mal d’autrui. Ceux-ci sauront alors adopter une attitude adéquate et se sentir au mieux dans cette lapidation verbale. En effet ne pas préparer son auditoire, c’est prendre le risque que celui-ci ne se sente point à son aise et garde un souvenir mitigé de ladite calomnie. Les phrases accrocheuses de qualité font légion :
"J’ai le plus profond respect pour elle/lui", à utiliser plutôt dans un cadre professionnel, ou en politique, si jamais vous en faites.
"Je ne dis pas ça parce qu’il/elle n’est pas là", simple, efficace, elle reste la phrase préférée de 98% de la population selon un sondage IPSOS/SOFRES datant de 2004.
"Je suis toujours le premier à le/la défendre", sied particulièrement lorsque la personne attaquée est assez, voire très proche, un parent, un ami, un cochon d’inde…
Ne commencez jamais au grand jamais par attaquer le physique, il est évident que les gens qui vous écoutent ont eux-mêmes leurs complexes et pourrait d'emblée se sentir peu à leur aise. Par la suite au contraire n’hésitez surtout pas à ponctuer vos diatribes de "et en plus de ça il est tout petit", "porter la moustache, soit, mais si mal…on a pas idée", "vous savez de toute façon ce qu’on dit des gens qui portent des chemises à carreaux" (peu importe ce qu’on en dit je ne le sais pas moi-même, mais votre auditoire fera mine de le savoir en ricanant) qui, habilement placés, sont du plus bel effet.
Deux points capitaux
Donnez à tout moment l’impression que vous êtes le premier peiné de devoir ainsi médire, mais que malheureusement la personne vous y oblige par son attitude et ses comportements exécrables, cela déculpabilisera par la même votre auditoire qui en sera soulagé et d’autant plus détendu et donc acerbe, ou croate, au choix
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Laissez la parole à votre auditoire. Celui-ci fourmillera à coup sûr d’idées et saura trouver des défauts criants auxquels vous n’auriez peut-être pas pensé, à vous de laisser naître l’émulation nécessaire à une bonne critique
Mettre le point final à ce genre de discussion.
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Hors de question évidemment de rester sur sa faim, il est dit qu’une discussion mal aboutie est une mauvaise discussion. A vous donc de savoir finir par une apogée flamboyante.
"En tout cas pour quelqu’un qui en vaut si peu la peine, il a le mérite de faire parler de lui" est à éviter. Vous laisseriez finir la discussion sur un point positif pour la personne et donneriez l’impression que cette discussion était purement inutile. Au contraire il vous faut pointer l’absolue nécessité de parler de lui ainsi dans son dos tout en apportant l’estocade finale.
"Si seulement il savait entendre tout ce que les autres disent, mais borné comme il est…" a largement fait ses preuves, mais demande à être amélioré.
Conseil : évitez de quitter la pièce juste après la discussion, ce serait prendre le risque d’être immédiatement la victime de la prochaine déblatération. Surtout si vous portez justement votre surchemise achetée en 1993 ou vos mocassins en daim ce jour là.
(je suis conscient qu’un tel sujet de société se devrait de faire l’objet d’un ouvrage plus conséquent, mais il est de mon devoir de rester attractif pour le lecteur)(pour lequel j’ai le plus profond respect)(et que je suis toujours le premier à défendre)
09 mai 2007
Le titre, c'est la recherche du titre
Manuel de savoir-vivre à l’usage des grandes personnes et des petites personnes à talonnette :
Ce manuel compte bien disputer à Manuel Amoros, le prix du Manuel le plus populaire de France. Quitte à choisir un prénom portugais j’aurais pu, il est vrai, opter pour José ou Gonzalo, mais avouons que Manuel lui va comme un gant (je vous laisse tranquillement réaliser le rapport hilarant qu’il existe entre les mots gants et manuel)
1. Philosopher en société
Je ne sais pas si vous avez remarqué (introduction assez classique, sobre et de bon goût, que vous pourrez réutiliser sans problème, fortement appréciée de Jean-Marie Bigard, ce qui n’est pas, je l’avoue, un gage de qualité, mais comme on dit il ne faut pas vendre l’habit du moine avant de l’avoir tué et puis de toute façon il vote Sarkozy, il a donc raison à au moins 53,04%) mais pour faire philosophe de qualité, genre chevelu qui réfléchit au sens de la vie et à l’utilité de l’huître perlière dans la longue chevauchée de l’univers vers une fin apocalyptique mais néanmoins hédonique, il est de bon saint aloi de dire "le bonheur, c’est la recherche du bonheur". Là généralement, l’auditoire, principalement féminin, fait "whaaa" et Gérard va se chercher une bière au frigo, et parfois, Gérard va chercher l’auditoire féminin dans le frigo et la bière fait "whaaa", c’est rare.
Or, habile et malin tel que vous l’êtes, vous n'avez pas été sans remarquer que cette phrase pouvait être utilisée dans bien d’autre cas, "l’espoir, c’est la recherche de l’espoir", "l’amour, c’est la recherche de l’amour" (non, la recherche de l’amour c’est Meetic vous répondra Gérard, facétieux, conseillez lui alors de traîner son corps mou et jaunâtre jusqu’au frigidaire)(c'est qu'on on ne jardine pas avec l'amour), " la tristesse c’est la recherche de la tristesse", "l’oubli c’est la recherche de l’oubli", etc…
Puis arrivera le drame, emporté par votre élan, vous tenterez "le gratin dauphinois, c’est la recherche du gratin dauphinois". Et là non, on dirait du Marc Lévy.
L’auditoire prendra vraisemblablement la direction du frigo, peut-être que Gérard laissera échapper un "whaaa" mou et jaunâtre, et encore, mieux vaut ne rien attendre de ce côté là. Vous vous retrouverez donc seul sur le canapé du salon, mâchant nerveusement un innocent chips mou et jaunâtre, au guacamol.
Conseil : n’emmenez pas votre élan en soirée, un opossum est bien plus discret et à même de vous faire passer pour un être raffiné.
