L'oreille est hardie

Danièle Evenou, elle a vou, elle a vaincou

05 août 2006

Extra, tes restes

Piotr-Kader Sïndermahler était un homme de petite taille, moins sur les bords, carré aux encablures et bien dégagé derrière les oreilles. Il possédait un appartement avec balcon et cuisine, une femme de taille moyenne, des enfants de taille kwaendo, un CD des Clash et un avis sur la question. Il aimait la croûte du fromage de chèvre, les séries américaines (sauf une) et il connaissait un poème de Goethe par cœur (non, pas celui là, l’autre) qu’il ne récitait jamais.

Tous les matins il prenait le bus numéro 23 pour aller à son travail, sauf en semaine, et très rarement les week-ends, au cours desquels il aimait flâner le long des quais pour stimuler sa circulation veineuse plantaire, ce depuis qu’il avait eu les oreillons un soir pluvieux de juin 1972. Piotr-Kader était persuadé que les extraterrestres étaient parmi vous. Il était à peu près certain que les extraterrestres n’étaient pas parmi lui, à l’exception notoire de son taille-crayon qui avait des habitudes étranges. Mais il doutait que les taille-crayons (mettez les « s » où bon vous semble, on est pas là pour Paul et Mickey) puissent être des extraterrestres car ce n’était pas pratique pour la reproduction : personne n’a jamais deux taille-crayons. Cette affirmation ne peut être niée. Prenons un exemple, oui celui-là est parfait.

Son existence en tiers (surtout les sept premiers tiers) fut de par le fait vouée à la recherche des extraterrestres dans les rames du métro, sous les jupes des filles et dans le cœur des hommes. En (quatre sangs) vain (et hun). Il découvrit bien quelques extraterrestres un beau jour ou peut-être une nuit près d’un lac bistrot du coin, mais si vous avez une main avec cinq doigts ça devrait suffire à les compter (remarquez que si vous avez une main avec 6 doigts vous pouvez les compter aussi mais en plus vous pouvez faire marrer vos copains). Or il voulait en découvrir par centaines, ou au moins par bourriches, histoire de ne pas passer pour une buse ou un wapiti, ce qui est plus rare.

Puis il eut l’idée du siècle, un jeudi matin vers 18 heures 73. Et c’est là que nous perdons sa trace, tel que rapporté dans son journal "jeudi matin : il est 18h73, j’ai l’idée du siècle. Je ne sais pas ce que j’ai fait de ma brosse à dent, ni de ma trace".

Ce qui est dommageable. A la place nous pouvons vous proposer un clafoutis quetsche/agrumes sur son lit deux places. 


Pour la veuve (ou l'orphelin) qui me demande via Google "quand a lieu la cueillette du miel", sachez que c'était hier. Désolé.

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14 juillet 2006

Et encore, j'apaise mes maux

Les enfants et les éducateurs du monde entier sont choqués par le geste de Zidane. Effectivement certains n’ont rien à manger et se contrefoutent sûrement du geste de Zidane, mais bon ils sont choqués. Sur Pluton aussi les enfants sont peut être choqués, mais là on s’en fout. Pourquoi me direz-vous, mais parce que Pluton je sais même pas sur quel continent ça se trouve, voilà tout. Dans ma grand mansuétude (poils à…)(ah ouais c‘est pas facile là, hein?), je leur propose une petite histoire pour les apaiser.

Pilou était un lapin très sage, tout comme Fonfon, qui était très sage, mais qui était un ourson, ce qui n’est pas la même chose, par exemple au niveau des oreilles et des goûts en matière de napperons et rideaux. Pilou et Fonfon, que nous appellerons Patrice et François mais pas aujourd’hui, vivaient de la cueillette de poissons, de la chasse au miel et de l’élevage de groseilles. Tout allait bien dans le meilleur des mondes, sauf une chasse d’eau qui fuyait un peu à vrai dire, mais Pierre et Fanfan avaient appris à faire avec. Mais un jour le méchant Darc Mireille sortit un album, plongeant l’Humanité dans l’effroi polaire et dans le froid le plus total. Les communistes mouraient par douzaines, ainsi que les huîtres et les escargots. Pierre et Firmin n’étaient pas communistes mais francs-maçons, du coup ça allait plutôt bien, sauf cette chasse d‘eau qui périclitait* quand même, ça devenait harassant. Mais Darc Mireille eut l’idée de s’attaquer aux francs-maçons et aussi aux schtroumpfs, mais il n’y en a pas dans cette histoire, donc au final ils ont plutôt de la chance, sauf le schtroumpf franc-maçon, mais qui était déjà un peu intellectuellement estropié au départ et qui n’arrêtait pas de se mettre les doigts dans le nez, et comme qui sème le Levant, n’amasse pas Mouss Diouf et récolte une trompette, on le tua à cou de tocsin et de matchs de Ligue 1. Phügrut et Früstüh avaient peur et se cachaient dans des pots de nutella, sans que cette phrase n'ait le moindre intérêt. Mais vinrent la bise, la famine, et la Coupe du Monde de Football. Acculé de toute part, Paul dut se prostituer* pour ramener des sous à la maison, puisque le miel, les abeilles, les poissons, les groseilles, l’amour, la gloire et la beauté avaient été réquisitionnés pour fabriquer une tour Eiffel en allumettes et inviter des amis à manger un mercredi soir dans la semaine, on dit 20 heures d'accord très bien. Pendant ce temps là, Felix, tentait en vain de sauver l’Humanité avec son ami Zinédine Zidane qui était bon comme la bonté n’avait jamais été bonne, même aux framboises, et qui apportait souvent un petit pot de beurre en macramé et une galette bretonne à sa mère la pute de terroriste. Mais ils ne parvenaient pas à sauver l’Humanité et du coup ils furent renvoyés de l’entreprise de sauvetage de l’humanité au cours d’un plan social organisé lors d’un pique-nique sur les bords du Danube bleu, avec de la salade niçoise. Seul Piotr ramenait encore de l’argent au ménage, qui ne se faisait pas tout seul bordel et est-ce que tu pourrais bouger ton gros cul de ce putain de canapé, comme aimait parfois à la répéter Franck, une bouteille de Jack Daniel’s à la main, pour se nettoyer lui aussi, mais le gosier. Finalement, Pierrick et Freddy moururent un jeudi, dans un accident de la route, alors qu’ils revenaient de la grande foire annuelle du patchwork landais et du gnou, où ils avaient gagné leur poids en mines antipersonnelles et en enfants soudanais, pendant que la France gagnait la coupe du monde de Football grâce à un but de Raymond Kopa. Tout était bien qui finissait chez Gilles de Robien ta réforme, ta réforme, si tu savais...

* si tu ne comprends pas le sens de ces mots, demande à ton papa qui deviendra tout rouge et te parlera la construction de ponts suspendus dans la Creuse ou a ton oncle Roger qui rigolera et te parlera de sa jeunesse à Ferger Les Deux Vallées.

Posté par Badibuh à 18:54 - Cours des contes - Commentaires [20] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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