L'oreille est hardie

Danièle Evenou, elle a vou, elle a vaincou

23 mai 2007

Epitaphe, le chien

Bon, on aurait pu choisir d’être la France de la fermeture éclaire, du rasoir électrique ou du trombone à coulisse, mais en fait non, on a décidé d’être la France de l’ouverture.

jeanclaudeduss

Ouais je le sens bien là, ce soir c’est la France de l’ouverture

Le meilleur moyen d’être la France de l’ouverture c’est de lire des lettres d’adieu de communistes morts. Ce qui signifie qu’on peut lire des lettres de Robert Hue ou de Marie-Georges Buffet, mais c’est pas très classe comme ouverture me dit-on.

Alors il vaut mieux lire des lettres de Guy Môquet, le frère de Mondial Moquêt, entends-je à ma gauche. Oui, ce jeu de mot est accepté, on passe aux chiffres à droite. 53%.

Mais quitte à lire des lettres d’adieu déchirantes pas la peine d’aller piller le répertoire communiste, déjà bien mal en point depuis que les CD d'Yvette Horner ont disparu du tiroir de la commode du siège du Parti, il y a des chanteurs de droite qui ont déjà fait ce qu’il fallait. Michel Sardou par exemple, qui n’a de communiste qu’un paquet de soupe précuite au fond d’un placard se fend d’une magnifique lettre d’adieu à même de faire chialer le moindre président ne dépassant le mètre quatre-vingt qu’en montant sur un escabeau pour repeindre son plafond et/ou s’accrocher au pinceau, j’enlève les points Shell.

"Mes chers parents,
Je pars.
Je vous aime, mais je pars.
Vous n'aurez plus d'enfant,
Ce soir.
Je ne m'enfuis pas. Je vole.
Comprenez bien: je vole.
Sans fumée, sans alcool(*),
Je vole. Je vole.

Je ne m'enfuis pas. Je vole.
Comprenez bien: je vole..."

Snif.

Et nous qui croyions que c’était Michal pour l’orange de Guy Marchand.

*

* je vous le dis, c'est pas drôle d'être de droite

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15 mai 2007

Jeu de nain, jeu de vilain

Puisqu'il est dit que les blogueurs doivent jouer un rôle en politique, tels des Loïc Le Meur des bois, ce blog se lance dans la politique.

Deux verts, ça va...

deux_verts

(encore que, Magnum et Mimi Mathy dans la même série...)

Trois verts, bonjour les dégâts...

noelVoynetcohnbendit

Vu qu'utiliser des jeux de mots éculés ce n'est pas très glorieux, ce blog assume pleinement les responsabilités de cet échec et se retire définitivement de la vie politique.

Du coup vu que je suis grillé en politique, je mets des photos de Robert Hue et de Lionel Jospin. Ca fait toujours influent.

proflogopcotontige

On me signale que non, ça ne va toujours pas.

Faut pas croire, poster le mardi, c'est pas facile.

Posté par Badibuh à 17:15 - Moustache, pilosité et totalitarisme - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 mai 2007

Un pull-over ça moule

L’histoire de la surchemise est une histoire tourmentée, jalonnée par de grands noms de la culture française.

S’il est fait la preuve  que "Surchemise, sans pantalon" de Rika Zaraï a été un précurseur de l’invention de la surchemise, le rôle de "Où est ma surchemise grise ?", de Sim et Topaloff, bien qu’assez évident pour la plupart des experts, n’a toujours pas pu être mis en avant par ces derniers (cf. sources).

C’est donc forte de l’héritage des ces grands noms que la surchemise fait son apparition, dans les années 1990. Inventée un mardi lorsque Gérald Jodassin, ingénieur en microbiotechnologie des systèmes à soupape, a l’idée de porter une chemise par-dessus son T-shirt lors du pot d’adieu de Philippe Hervaivillard, expert comptable dans le domaine de la microbiotechnologie des systèmes à soupape et du monoski, sans se douter qu’il allait révolutionner la mode.

surchemise

Gérald Jodassin guidant le peuple

La vraie surchemise est à carreaux, c’est ainsi. Il faut veiller à rentrer son T-shirt dans son pantalon, qui se doit d’être un jean pour être totalement 90’s.

*

Voici une schématisation simpliste du principe de la surchemise :

surchemise2

"La fille au miroir sur le pont de l'Alma" de Gonzalo Magalivahait, Art Abstrait, Musée paléonthologique de Bussy en Bareuil, Pérou. 

Tout homme ayant vécu dans les années 1990 possède au fin fond de ses placards une, ou plusieurs, surchemise(s) qu’il garde sans trop savoir pourquoi, cela pourrait redevenir à la mode dans les années 2027, ou si jamais Roger Stonaichardenne organise une soirée déguisée sur le thème de la microbiotechnologie des systèmes à soupape et du monoski, un de ces jours, ça peut toujours servir.

L’ennemi principal de l’homme moyen est l’individu sachant porter la surchemise sans avoir l’air ridicule. Ce genre d’individu ne se rencontre que rarement (expérience unique pour ma part)(mais insoutenable et toujours pas digérée, soyez en sûr)(l’homme est un gnou pour l’homme).

Statistiques intéressantes : aucun homme portant la surchemise n’a été élu président de la République. Par contre 77% des hommes portant la surchemise se disent "intéressés par la microbiotechnologie et les systèmes informatiques à soupape, et le monoski? ouais un peu", 22% par le macramé et 1% par la régulation financière de la fabrication de bracelets brésiliens au Timor Oriental.

Preuve que notre société a bien du mal à assumer son histoire, il faut savoir que le mot surchemise, bien que présent dans le dictionnaire, n'est pas accepté au Scrabble. En revanche il est très utile à Pyramide. Lorsqu'il est joué en premier coup il est de bon ton de répondre aptéryx, alors que s'il est joué en deuxième coup après théière il faut jouer albuginée. Joué en deuxième coup après molusque, dire Demis Roussos. Ne se joue que très rarement en troisème coup, jamais en quatrième.

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Sources:

- Sim et Topaloff, été/automne 1992, Vogue

- La surchemise, vecteur de désavantages sociaux?, Le Monde, 8 Mai 1993

- "Rôle de la surchemise dans le développement microbiotechnologique des systèmes informatiques à soupape et du monoski aussi un peu, mais moins" Paul Hailennességara, Editions du Gnou Moldave, 1995.

- "Etude des conséquences sociologiques et dermatologiques du port de la surchemise chez les 25-48 ans dans la société française entre Avril 1991 et Septembre 1997" SOFRES/IPOS, Juin 2003.

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10 mai 2007

Gigi l'Amoros ho

Manuel a l'usage des grandes personnes et des petites personnes à talonnettes:

*

2. Savoir dire du mal des autres

Dire du mal des autres n’est pas anodin. Dire du mal des autres si c’est bien fait, c’est avant tout s’assurer que lorsque vous aurez le dos tourné les autres veilleront à dire du mal de vous dans les règles de l’art. C’est donc avant tout penser à soi que savoir dire du mal des autres.

Tout d’abord il faut signifier avec tact à vos auditeurs que vous comptez dire du mal d’autrui. Ceux-ci sauront alors adopter une attitude adéquate et se sentir au mieux dans cette lapidation verbale. En effet ne pas préparer son auditoire, c’est prendre le risque que celui-ci ne se sente point à son aise et garde un souvenir mitigé de ladite calomnie. Les phrases accrocheuses de qualité font légion :

"J’ai le plus profond respect pour elle/lui", à utiliser plutôt dans un cadre professionnel, ou en politique, si jamais vous en faites.

"Je ne dis pas ça parce qu’il/elle n’est pas là", simple, efficace, elle reste la phrase préférée de 98% de la population selon un sondage IPSOS/SOFRES datant de 2004.

"Je suis toujours le premier à le/la défendre", sied particulièrement lorsque la personne attaquée est assez, voire très proche, un parent, un ami, un cochon d’inde…

Ne commencez jamais au grand jamais par attaquer le physique, il est évident que les gens qui vous écoutent ont eux-mêmes leurs complexes et pourrait d'emblée se sentir peu à leur aise. Par la suite au contraire n’hésitez surtout pas à ponctuer vos diatribes de "et en plus de ça il est tout petit", "porter la moustache, soit, mais si mal…on a pas idée", "vous savez de  toute façon ce qu’on dit des gens qui portent des chemises à carreaux" (peu importe ce qu’on en dit je ne le sais pas moi-même, mais votre auditoire fera mine de le savoir en ricanant) qui, habilement placés, sont du plus bel effet.

Deux points capitaux

Donnez à tout moment l’impression que vous êtes le premier peiné de devoir ainsi médire, mais que malheureusement la personne vous y oblige par son attitude et ses comportements exécrables, cela déculpabilisera par la même votre auditoire qui en sera soulagé et d’autant plus détendu et donc acerbe, ou croate, au choix

*

Laissez la parole à votre auditoire. Celui-ci fourmillera à coup sûr d’idées et saura trouver des défauts criants auxquels vous n’auriez peut-être pas pensé, à vous de laisser naître l’émulation nécessaire à une bonne critique

Mettre le point final à ce genre de discussion.

*

Hors de question évidemment de rester sur sa faim, il est dit qu’une discussion mal aboutie est une mauvaise discussion. A vous donc de savoir finir par une apogée flamboyante.

"En tout cas pour quelqu’un qui en vaut si peu la peine, il a le mérite de faire parler de lui" est à éviter. Vous laisseriez finir la discussion sur un point positif pour la personne et donneriez l’impression que cette discussion était purement inutile. Au contraire il vous faut pointer l’absolue nécessité de parler de lui ainsi dans son dos tout en apportant l’estocade finale.

"Si seulement il savait entendre tout ce que les autres disent, mais borné comme il est…" a largement fait ses preuves, mais demande à être amélioré.

Conseil : évitez de quitter la pièce juste après la discussion, ce serait prendre le risque d’être immédiatement la victime de la prochaine déblatération. Surtout si vous portez justement votre surchemise achetée en 1993 ou vos mocassins en daim ce jour là.

(je suis conscient qu’un tel sujet de société se devrait de faire l’objet d’un ouvrage plus conséquent, mais il est de mon devoir de rester attractif pour le lecteur)(pour lequel j’ai le plus profond respect)(et que je suis toujours le premier à défendre)

Posté par Badibuh à 22:10 - Je vois la vie en Manuel Amoros - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 mai 2007

Le titre, c'est la recherche du titre

Manuel de savoir-vivre à l’usage des grandes personnes et des petites personnes à talonnette :

Ce manuel compte bien disputer à Manuel Amoros, le prix du Manuel le plus populaire de France. Quitte à choisir un prénom portugais j’aurais pu, il est vrai, opter pour José ou Gonzalo, mais avouons que Manuel lui va comme un gant (je vous laisse tranquillement réaliser le rapport hilarant qu’il existe entre les mots gants et manuel) 

1. Philosopher en société

Je ne sais pas si vous avez remarqué (introduction assez classique, sobre et de bon goût, que vous pourrez réutiliser sans problème, fortement appréciée de Jean-Marie Bigard, ce qui n’est pas, je l’avoue, un gage de qualité, mais comme on dit il ne faut pas vendre l’habit du moine avant de l’avoir tué et puis de toute façon il vote Sarkozy, il a donc raison à au moins 53,04%) mais pour faire philosophe de qualité, genre chevelu qui réfléchit au sens de la vie et à l’utilité de l’huître perlière dans la longue chevauchée de l’univers vers une fin apocalyptique mais néanmoins hédonique, il est de bon saint aloi de dire "le bonheur, c’est la recherche du bonheur". Là généralement, l’auditoire, principalement féminin, fait "whaaa" et Gérard va se chercher une bière au frigo, et parfois, Gérard va chercher l’auditoire féminin dans le frigo et la bière fait "whaaa", c’est rare.

Or, habile et malin tel que vous l’êtes, vous n'avez pas été sans remarquer que cette phrase pouvait être utilisée dans bien d’autre cas, "l’espoir, c’est la recherche de l’espoir", "l’amour, c’est la recherche de l’amour" (non, la recherche de l’amour c’est Meetic vous répondra Gérard, facétieux, conseillez lui alors de traîner son corps mou et jaunâtre jusqu’au frigidaire)(c'est qu'on on ne jardine pas avec l'amour), " la tristesse c’est la recherche de la tristesse", "l’oubli c’est la recherche de l’oubli", etc…

Puis arrivera le drame, emporté par votre élan, vous tenterez "le gratin dauphinois, c’est la recherche du gratin dauphinois". Et là non, on dirait du Marc Lévy.

L’auditoire prendra vraisemblablement la direction du frigo, peut-être que Gérard laissera échapper un  "whaaa" mou et jaunâtre, et encore, mieux vaut ne rien attendre de ce côté là. Vous vous retrouverez donc seul sur le canapé du salon, mâchant nerveusement un innocent chips mou et jaunâtre, au guacamol.

Conseil : n’emmenez pas votre élan en soirée, un opossum est bien plus discret et à même de vous faire passer pour un être raffiné.

Posté par Badibuh à 10:37 - Je vois la vie en Manuel Amoros - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 mai 2007

La troisième tomme

Ces temps-ci, les sondages sur ma vie me placent environ à 18,57% sur l’échelle de Richter, ce qui est pas mal, il faut l’avouer, surtout quand on sait que les sondés sont mon chat, mon ficus et moi-même, et aussi Nelson Monfort mais il a voté Blanc, Michel Blanc. Cependant cela reste assez largement en dessous de la part du nucléaire dans l’éclairage halogène de ton salon, meublé Ikéa, ou de ta cuisine meublée plutôt Schmidt, mais Ikéa aussi, genre au niveau de tes étagères à pain. Enfin ça c’est si tu es quelqu’un d’un peu au courant, ou si tu portes des talonnettes aussi ça compte là je suis un peu moins en dessous, c’est appréciable. Par contre si tu préfères les tailleurs (tu savais que mon tailleur est Claude Rich ?) là je me situe un poil au-dessus de la part du nucléaire dans l’éclairage du siège arrière de ta Fuego ou de ta terrasse avec vue sur Montargis, ce qui est pas mal.

Tout ça fait que j’ai un peu l’impression d’être un vase Ming en mousse dans un magasin de poelles à tartiflette, tout l’inverse de Nicolas Sarkozy, qui est un vase en tartiflette dans un magasin de poelles en mousse, pour situer. Alors après laisse moi te dire que j’aurais plutôt intérêt à aimer la tartiflette.

Et moi évidemment je préfère la raclette, je sais, c’est con. Enfin comme disait Jean-Pierre Coffe un soir, vers 14h, alors qu’il venait de visiter le marché agricole et sidérurgique de Champignac "dans tout cela réside malgré tout le concept de fromage, et c’est déjà un grand pas pour Rosy Varte". Et c’est vrai que le concept de fromage est quand même présent, Rosy Varte moins, il est vrai.

Enfin grosso modo tout ça pour dire que je blogue pas trop en ce moment mais t’inquiète pas ça va revenir, un peu comme le calme reflux des vagues sur une plage de Saint-Malô, qui s’en va et qui revient, qui fait de tous petits riens, qui se chante et qui se danse comme une chanson populaire, genre une de Michel Sardou, ou celle de Vincent Delerm qui fait tulutulutut.

Par contre je ne comprends toujours pas ce que Rosy Varte fait dans cette note. Enfin comme tu le sais on est jamais mieux servi que par soi-même, ou à la limite par Andy Roddick qui sert quand même vachement bien, le mieux c’est que pendant ce temps tu laisses des commentaires désopilants, comme ça on aura l’impression que ce blog est en vie, ou au moins en coma artificiel, un peu comme Raymond Barre ou Dave.

En tout cas dès qu’un fou arrive et me dit accroche toi au pinceau, j’enlève l’échelle de Richter, je vous tiens au courant.

On me signale que Dave n'est pas dans le coma.

tomme

Une seule raclette vous manque et tout est dépeuplé

Posté par Badibuh à 20:24 - Courriers des lecteurs - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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