10 mai 2007

Gigi l'Amoros ho

Manuel a l'usage des grandes personnes et des petites personnes à talonnettes:

*

2. Savoir dire du mal des autres

Dire du mal des autres n’est pas anodin. Dire du mal des autres si c’est bien fait, c’est avant tout s’assurer que lorsque vous aurez le dos tourné les autres veilleront à dire du mal de vous dans les règles de l’art. C’est donc avant tout penser à soi que savoir dire du mal des autres.

Tout d’abord il faut signifier avec tact à vos auditeurs que vous comptez dire du mal d’autrui. Ceux-ci sauront alors adopter une attitude adéquate et se sentir au mieux dans cette lapidation verbale. En effet ne pas préparer son auditoire, c’est prendre le risque que celui-ci ne se sente point à son aise et garde un souvenir mitigé de ladite calomnie. Les phrases accrocheuses de qualité font légion :

"J’ai le plus profond respect pour elle/lui", à utiliser plutôt dans un cadre professionnel, ou en politique, si jamais vous en faites.

"Je ne dis pas ça parce qu’il/elle n’est pas là", simple, efficace, elle reste la phrase préférée de 98% de la population selon un sondage IPSOS/SOFRES datant de 2004.

"Je suis toujours le premier à le/la défendre", sied particulièrement lorsque la personne attaquée est assez, voire très proche, un parent, un ami, un cochon d’inde…

Ne commencez jamais au grand jamais par attaquer le physique, il est évident que les gens qui vous écoutent ont eux-mêmes leurs complexes et pourrait d'emblée se sentir peu à leur aise. Par la suite au contraire n’hésitez surtout pas à ponctuer vos diatribes de "et en plus de ça il est tout petit", "porter la moustache, soit, mais si mal…on a pas idée", "vous savez de  toute façon ce qu’on dit des gens qui portent des chemises à carreaux" (peu importe ce qu’on en dit je ne le sais pas moi-même, mais votre auditoire fera mine de le savoir en ricanant) qui, habilement placés, sont du plus bel effet.

Deux points capitaux

Donnez à tout moment l’impression que vous êtes le premier peiné de devoir ainsi médire, mais que malheureusement la personne vous y oblige par son attitude et ses comportements exécrables, cela déculpabilisera par la même votre auditoire qui en sera soulagé et d’autant plus détendu et donc acerbe, ou croate, au choix

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Laissez la parole à votre auditoire. Celui-ci fourmillera à coup sûr d’idées et saura trouver des défauts criants auxquels vous n’auriez peut-être pas pensé, à vous de laisser naître l’émulation nécessaire à une bonne critique

Mettre le point final à ce genre de discussion.

*

Hors de question évidemment de rester sur sa faim, il est dit qu’une discussion mal aboutie est une mauvaise discussion. A vous donc de savoir finir par une apogée flamboyante.

"En tout cas pour quelqu’un qui en vaut si peu la peine, il a le mérite de faire parler de lui" est à éviter. Vous laisseriez finir la discussion sur un point positif pour la personne et donneriez l’impression que cette discussion était purement inutile. Au contraire il vous faut pointer l’absolue nécessité de parler de lui ainsi dans son dos tout en apportant l’estocade finale.

"Si seulement il savait entendre tout ce que les autres disent, mais borné comme il est…" a largement fait ses preuves, mais demande à être amélioré.

Conseil : évitez de quitter la pièce juste après la discussion, ce serait prendre le risque d’être immédiatement la victime de la prochaine déblatération. Surtout si vous portez justement votre surchemise achetée en 1993 ou vos mocassins en daim ce jour là.

(je suis conscient qu’un tel sujet de société se devrait de faire l’objet d’un ouvrage plus conséquent, mais il est de mon devoir de rester attractif pour le lecteur)(pour lequel j’ai le plus profond respect)(et que je suis toujours le premier à défendre)

Posté par Badibuh à 22:10 - - Commentaires [8] - Permalien [#]


Commentaires sur Gigi l'Amoros ho

    oh la vache

    c'est du vécu

    Posté par melle Bille, 11 mai 2007 à 10:34 | | Répondre
  • Le summum de l'intro est d'attaquer le physique de manière déguisée ! La meilleure méthode est d'utiliser un défaut que l'on vous prête dès que vous avez le dos tourné.
    Exemple : "J'ai un profond respect pour lui, en plus il est tout petit, ..."
    [N.S]

    Posté par Tipierre, 11 mai 2007 à 14:47 | | Répondre
  • Je préfère vivre en hermite que de répondre à ces codes! Moi vivante jamais!

    Bref, j'aime bien ce que tu écris, c'est criant de vérité :')

    ps: tu allais oublier de mentionner qu'une grande partie des femmes ont une prédisposition génétique au savoir dire du mal des autres!

    Posté par Belle au champ, 11 mai 2007 à 16:53 | | Répondre
  • Je souhaiterais un schéma de surchemise parce que là je visualise pas bien

    Posté par Ada, 11 mai 2007 à 17:04 | | Répondre
  • Comme l'a dit le Chi, plus c'est gros, mieux ça passe, donc finir par un "Quand même, hein, il se rend pas compte" me paraît du plus bel effet

    Posté par Chick, 11 mai 2007 à 17:47 | | Répondre
  • Monsieur,

    Nous sommes heureux de vous annoncer que votre inscription au Comité Langue-de-Putiste a bien été prise en compte.

    Avec notre plus profond respect,

    le CLP

    Posté par CLP, 11 mai 2007 à 17:51 | | Répondre
  • Merci Chick, c'est enfin la consécration, depuis le temps que je rêvais d'être membre du CLP. Emotion.

    Posté par Badibuh, 11 mai 2007 à 18:15 | | Répondre
  • LOL. j'adore cet article! la prochaine fois que je me laisserai aller à déblatérer, je ressortirai une de tes petites phrases :p !

    Posté par Mathilde, 18 juin 2007 à 14:09 | | Répondre
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